Séminaire d'autodéfense académique "Sciences non-alignées : Produire du savoir face au pouvoir"

From 25/01 to 29/01/2027

La MSH en collaboration avec TRANSFO et l'openlab.brussels

Pré-inscriptions à la semaine

S'inscrire uniquement à la conférence d'ouverture

Intervenant.e.s :

Samia Ben Rajeb (openlab.brussels), Fanny Bériaux (musicienne), Dounia Bourabain (UHasselt), Vincent Chapaux (MSH-ULB), Margaux Coquet (UCLouvain), Camille Danneels (Yes, We dance!), Francissco Davila (openlab.brussels), Martin Deleixhe (ULB), Clémence Demay (ULausanne), Victor Foulon (musicien), Fleurine Hermand (ULB), Manu Lurquin (batterie), Christophe Majastre (MSH-ULB), Maïté Maskens (ULB), Leila Mouhib (UMons), Emmanuelle Perez Tisserant (U. de Toulouse), Julien Pieret (MSH-ULB), Lucie Quéré (Paris I), Antoinette Rouvroy (UNamur), Damien Scalia (MSH-ULB), Sixtine Van Outryve (ULB), Allan Wei (openlab.brussels), Lionel Zevounou (EHESS)

Le séminaire résidentiel « Sciences non alignées – Produire du savoir face au pouvoir » vise à rassembler le monde des sciences humaines et sociales (SHS) pour appréhender la manière dont la recherche doit s’exercer dans un contexte où l’on exige de plus en plus qu’elle s’aligne sur des priorités qui ne sont pas définies en son sein.

Soumis depuis de nombreuses années à des pressions économiques et institutionnelles, le monde académique fait en effet face depuis plusieurs années à une intensification et à une radicalisation des incursions externes. Au point qu’il s’agit parfois de manière explicite, même au sein des démocraties libérales, de s’opposer à des recherches qui iraient à l’encontre des priorités des gouvernements en place.

Aux Etats-Unis par exemple, certaines recherches ne sont financées que si elles font la preuve qu’elles « contribuent à l’avancée des priorités politiques du Président ». De manière générale, les chercheurs et chercheuses étasunien·nes qui soumettent à des programmes de recherche fédéraux doivent dorénavant faire la preuve de leur compatibilité avec les « valeurs américaines » dont les contours restent flous mais qui excluent en tous les cas les recherches portant sur les questions de diversité, d’équité, de genre, de race, de classe ou d’immigration. Des mouvements similaires sont documentés au sein de l’Union européenne, notamment en Hongrie. Dans un autre registre, le ministre wallon de l’économie considère que la recherche doit être mise au service exclusif du développement économique : « Je vais le dire un peu brutalement : on ne fait pas de la recherche pour faire de la recherche. C’est comme la formation, cela doit mener à l'emploi ».

Souvent, cette injonction à l’alignement est justifiée par une forme de trahison du monde de la recherche qui aurait abandonné son « obligation de neutralité » pour embrasser un agenda « politique », « woke » ou « islamo-gauchiste ».

Au mois de janvier prochain, la Maison des Sciences Humaines de l’Université libre de Bruxelles (MSH-ULB), l’openlab.brussels et TRANSFO invitent à réfléchir collectivement à cette situation en proposant à la discussion le concept de « sciences non-alignées ».

A titre de définition de travail, le concept de « sciences non-alignées » fait référence à des pratiques scientifiques variées et potentiellement conflictuelles mais qui partagent deux évidences. La première est que les SHS ne peuvent pas être « neutres », au sens où le savoir qu’elles produisent s’insèrera toujours inévitablement dans les rapports de pouvoir en cours dans une société donnée. En produisant une forme de discours sur la société (ou en ne le faisant pas), les SHS ne peuvent pas ne pas se positionner. La seconde évidence est que des SHS qui seraient soumises aux exigences de pouvoirs externes, au sens où elles n’auraient le droit de produire du savoir que dans la mesure où celui-ci irait dans le sens des priorités politiques, économiques ou religieuses du moment, perdraient toute raison d’être.

Afin de réfléchir aux contours de ces « sciences non-alignées », ce séminaire sera organisé en trois temps :

1. Comprendre le non-alignement ;

2. Pratiquer le non-alignement,

3. Organiser le non-alignement.

Il est pensé comme un moment de débats et de co-construction durant lequel des interventions de type magistral seront combinées à des moments de création collective, des ballades scientifiques, un atelier de danse, une conférence-concert, etc… Le dernier jour sera l’occasion de présenter les conclusions co-construites collectivement durant la semaine.

Le séminaire tentera de susciter une forme d’interaction avec un public non académique par l’intermédiaire de deux évènements en soirée : une conférence inaugurale (Usquare - Bruxelles) et une conférence / concert (Palais des Beaux Arts de Charleroi).

Les inscriptions au séminaire se font pour la semaine complète. Les places sont limitées (30 p.).

Programme complet ici !

Du lundi 25 janvier au vendredi 29 janvier 2027

ULB – Campus UCharleroi et USQUARE

Inscriptions

Prix indicatif : 150 €

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