Conférence "L'’indigénisme dans un “pays sans Indiens” (Argentine, 1880-1955) Axel Lazzari (CONICET, EIDAES-CESIA) "
03/04/2026
par Axel Lazzari (Conicet-UNSAM)
AmericasS, le CHDAJ et le projet EDGES accueilleront, ce vendredi 3 avril de 14 à 16 heures, Axel Lazzari (Conicet-UNSAM) pour une conférence (en espagnol) intitulée « L’indigénisme dans un « pays sans Indiens ». La conférence est en espagnole se déroulera à la salle Dekkers (58-60 Avenue Jeanne, 1er étage).
En collaboration avec Barbara
La formation historique de l'Argentine moderne est intrinsèquement liée, d'une part, à la conquête et à la colonisation d'immenses territoires autochtones entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle et, d'autre part, à l'immigration massive d'Européens à cette même époque. Ce double événement instaure l’idée d’une «Argentine, pays sans Indiens», c’est-à-dire un ensemble de discours, de pratiques et de valeurs qui s’ancrent dans les institutions et la réalité, constituant un imaginaire d’exception par rapport au reste de l’Amérique latine (à l’exception de l’Uruguay). Face à cette Argentine officielle, tendanciellement blanche et européanisée, se dessinent les politiques indigénistes: un ensemble de procédures visant à «mettre sous tutelle l’Indien», ce qui implique son effacement physique et/ou culturel comme condition de son argentinisation en tant que travailleurs, colons et «citoyens».
Dans cette conférence, Axel Lazari explore, dans les grandes lignes les prémisses idéologiques, les cadres institutionnels et juridiques, ainsi que les pratiques de l’indigénisme argentin entre 1880 et 1955. Contrairement à d’autres pays d’Amérique latine où le «problème indigène» était presque équivalent au «problème national», en Argentine, il s’est toujours agi d’une question marginale. Néanmoins, un regard plus attentif au niveau local et microphysique, permet d'identifier quatre courants indigénistes qui rendent compte à la fois de la diversité interne du monde autochtone post-conquête et des conflits et divergences entre les agents indigénistes. S’y ajoute le rôle clé des autochtones eux-mêmes en tant qu'agents historiques qui résistent et négocient avec les pouvoirs locaux et nationaux. Explorer l’histoire de l’indigénisme d’un «pays sans Indiens» revient à requestionner les imaginaires nationaux centrés sur la blanchité européanisée (aujourd’hui à nouveau en vogue), en redécouvrant les textures du «middle ground» et, surtout, la capacité de (re)action des autochtones eux-mêmes.
Le vendredi 03 avril 2026, de 14h à 16h
Salle Dekkers
Avenue Jeanne 58-60
(Centre d'histoire du droit et d'anthropologie juridique)
ULB- Campus du Solbosch
L'inscription se fait par mail
Contact : barbara.truffin@ulb.be
La conférence se tiendra en espagnol