The Artist, The Scientist and the Industrialist (ARC PROJET)

En octobre 2022 a débuté le projet ARC intitulé « The Artist, The Scientist and the Industrialist » (2022–2027 ; promoteurs : Petra James et Dennis Ioffe), consacré à la multidisciplinarité et à la pluralité des modernismes.

Le projet propose une nouvelle vision de la recherche interdisciplinaire, réunissant des chercheurs de la Faculté de Lettres, Traduction et Communication, de la Faculté de Philosophie et Sciences sociales, de la Faculté des Sciences et de la Solvay Brussels School of Economics and Management. L’équipe est pleinement engagée dans l’exploration des dimensions culturelles, scientifiques et économiques des modernités et modernismes périphériques, à travers des méthodologies de recherche solides et des pratiques appliquées.

Le titre du projet ARC fait référence au célèbre essai « proto-socialiste » d’Henri de Saint-Simon, « L’Artiste, le savant et l’industriel » (1825), qui transforma le terme militaire « avant-garde » en une puissante métaphore culturelle, désignant les artistes comme « avant-garde » du peuple. Dans la vision de Saint-Simon, un État idéal — où art et politique ne font qu’un — serait dirigé par cette avant-garde, les artistes, ouvrant la voie aux savants et aux industriels, et incarnant une conception du progrès social rendue possible par leur collaboration.

Ce projet ARC constitue une étape nécessaire vers une recherche à plus grande échelle permettant un renouvellement significatif du champ des études sur le modernisme, tout en en décentrant la perspective. Il s’agit de sortir l’étude des modernismes européens de sa seule dimension géopolitique et de dépasser le cadre de la guerre froide de la seconde moitié du XXe siècle.

Le projet vise à combler les lacunes existantes de la recherche tout en développant une collaboration ambitieuse pour repenser la compréhension des modernismes européens. Il adopte une approche transnationale de l’histoire des modernismes européens, préférée à la notion d’internationalisme moderniste. Cette approche privilégie une lecture horizontale des réseaux modernistes plutôt qu’une structuration hiérarchique, et elle est particulièrement adaptée au contexte d’Europe centrale, marqué par des identités nationales souvent fluides au sein de l’Empire austro-hongrois puis de ses États successeurs après 1918.

Le travail en archives en Europe centre-orientale permettra de mettre à la disposition des chercheurs et du grand public des documents et œuvres d’art encore inconnus. La recherche nourrira également la pratique pédagogique à l’ULB, puisque l’équipe du projet proposera un nouveau cours interdisciplinaire aux étudiants à l’issue du projet.