Projets associés
‘Araz’ Scholars’ Initiative
L’‘Araz’ Scholars’ Initiative est un réseau de chercheurs arméniens, azerbaïdjanais et internationaux qui cherchent à remettre en question les discours polarisés et politisés autour des relations arméno-azerbaïdjanaises. L’objectif est de promouvoir une réflexion sur les violences collectives persistantes ainsi que sur les formes de coopération entre ces deux sociétés, dans un espace fondé sur le respect et la volonté de rechercher collectivement une vérité critique, plutôt que par l’imposition de récits unilatéraux.
L’initiative vise à constituer une communauté interdisciplinaire de chercheurs, d’étudiants et d’intellectuels publics capable de faire évoluer les débats régionaux et internationaux sur le conflit arméno-azerbaïdjanais, en passant d’une lecture instrumentalisée par les rapports de force à un débat inclusif, équitable et fondé sur la rigueur académique.
Membres du comité
Vicken Cheterian
Chercheur fondateur de l’initiative Araz, titulaire d’un doctorat de l’Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID), spécialisé sur les conflits du Caucase. Il est actuellement chargé de cours à l’Université de Genève. Ses travaux portent sur le conflit du Haut-Karabakh, les conflits et révolutions dans le Caucase, les relations Arménie–Turquie, ainsi que sur l’histoire du déni du génocide arménien et ses conséquences. Il a également publié sur les conflits au Moyen-Orient, notamment sur l’islam politique et les dynamiques confessionnelles.
Altay Goyushov
Historien azerbaïdjanais et intellectuel public majeur, membre fondateur de l’initiative. Ancien professeur à l’Université d’État de Bakou, il est fondateur et directeur du Baku Research Institute et actuellement chercheur invité au programme PAUSE à Sciences Po Paris. Ses recherches portent sur la Première République d’Azerbaïdjan (1918–1920), l’islam en Azerbaïdjan moderne, le nationalisme et l’autoritarisme sous Ilham Aliyev.
Aude Merlin
Professeure de science politique à l’Université libre de Bruxelles et membre fondatrice de l’initiative. Elle est spécialiste des mobilisations sociales et politiques dans le Caucase, notamment des guerres tchétchènes et des reconversions post-conflit. Elle a cofondé le CREG (Centre de recherche sur l’expérience de guerre) à la Maison des Sciences Humaines. Ses recherches actuelles portent sur la société arménienne et les situations de « mise en alerte ».
Laurence Broers
Chercheur spécialisé dans les conflits, la paix et la gouvernance dans le Caucase du Sud. Co-fondateur et co-rédacteur en chef de la revue Caucasus Survey. Il est l’auteur de Armenia and Azerbaijan: Anatomy of a Rivalry (2019) et co-directeur de plusieurs ouvrages sur le Caucase et les transformations politiques arméniennes.
Anita Khachaturova
Chercheuse à l’ULB (Cecipol), travaillant sur le conflit du Haut-Karabakh, les dynamiques socio-politiques post-2020 et les identités politiques en Arménie. Elle est affiliée au CREG et au Centre for Independent Social Research (Arménie).
Naira Sahakyan
Maîtresse de conférences en histoire à l’American University of Armenia. Ses recherches portent sur le nationalisme ethnoreligieux et les discours politiques dans le Caucase et le Moyen-Orient. Elle est notamment l’autrice de Muslim Reformers and the Bolsheviks (2022) et Armenian Price of Peace (2023).
Türkay Gasimova
Historienne de l’histoire intellectuelle du XIXe siècle et enseignante à Miyazaki International University (Japon). Elle a soutenu sa thèse à l’Institut universitaire européen de Florence sur l’émergence de l’intelligentsia azerbaïdjanaise.
Ateliers, événements et publications
Le premier atelier s’est tenu à l’Université libre de Bruxelles (ULB) sur trois jours, du 8 au 10 février 2023, durant lesquels une trentaine de chercheurs (environ 36) ont discuté de différents aspects du conflit arméno-azerbaïdjanais. Un événement public organisé à l’ULB le 9 février a permis d’informer un public plus large sur l’initiative et ses objectifs. Par ailleurs, les quatre initiateurs d’Araz ont rédigé ensemble un article expliquant les raisons de leur démarche, publié simultanément à Bakou (Baku Research Institute 2023) et à Erevan (Civilnet 2023). https://bakuresearchinstitute.org/en/reframing-the-armenian-azerbaijani-past-what-can-scholars-do/
Un deuxième atelier a été organisé à l’Université de Manchester du 18 au 20 juin 2024. Le thème de l’atelier était « Préludes à la violence : les relations arméno-azerbaïdjanaises à la veille des conflits de 1905, 1918 et 1988 ». À la suite de cet atelier, un événement public a été organisé le 21 juin à la School of Oriental and African Studies (SOAS) de l’Université de Londres, poursuivant la tradition d’information d’un public intéressé sur l’initiative et les travaux accomplis (Conciliation Resources 2024). https://www.c-r.org/news-and-insight/event-scholars-frame-armenian-azerbaijani-conflict
Une discussion publique a été organisée à Paris (CERI, Sciences Po) en janvier 2025, intitulée : « Les négociations arméno-azerbaïdjanaises en 2025 : dynamiques régionales et internes et perspectives de normalisation ».
Un troisième atelier s’est tenu au Wissenschaftskolleg de Berlin les 9 et 10 juillet 2025, intitulé : « Pouvoir, lieu et savoir : intellectuels, chercheurs et épistémologies du conflit arméno-azerbaïdjanais » (Conciliation Resources 2025). Il a été suivi d’un événement public intitulé : « Chercheurs, liberté académique et avenir des relations arméno-azerbaïdjanaises », le 11 juillet 2025, au Leibniz-Zentrum Moderner Orient. https://www.c-r.org/news-and-insight/workshop-power-place-and-knowledge-intellectuals-scholars-and-epistemologies#:~:text=About%20the%20workshop&text=This%20year's%20workshop%20will%20be,support%20of%20the%20European%20Union.
Bahruz Samadov
Membre de l’initiative Araz depuis sa création, Bahruz Samadov est doctorant à l’Université Charles de Prague et un chercheur et journaliste reconnu, dont les travaux portent sur l’autoritarisme en Azerbaïdjan et le conflit arméno-azerbaïdjanais.
En août 2024, il a été arrêté à Bakou alors qu’il rendait visite à sa famille. En juin 2025, il a été condamné à 15 ans de prison pour « trahison d’État », accusé d’avoir communiqué des informations sensibles à des interlocuteurs arméniens.
De nombreuses organisations de défense des droits humains, y compris des instances des Nations unies et de l’Union européenne, ont condamné son arrestation et dénoncé des accusations infondées. L’Université libre de Bruxelles, qui a accueilli Bahruz à plusieurs reprises depuis 2022, a exprimé dès le départ sa solidarité et continue d’appeler à sa libération immédiate.
Ces appels ont été soutenus par le Conseil des recteurs des universités francophones (CREF).
Le comité Araz est mobilisé pour exiger la libération inconditionnelle de Bahruz Samadov ainsi que d’autres universitaires actuellement détenus en Azerbaïdjan.