Conférence "Littératures de la mobilisation et de la désertion Présentation croisée d’ouvrages"
07/04/2026
par Déborah V. Brosteaux (Université Libre de Bruxelles) et Luca Salza (Université de Lille)
En collaboration avec le Centre de recherche en philosophie
Présentation croisée d'ouvrages sur les puissances sociales et politiques de l'écriture en temps de guerre
Le Centre de Recherche sur l’Expérience de Guerre (CREG) a le plaisir d’annoncer la conférence Littératures de la mobilisation et de la désertion, à la croisée de deux ouvrages récemment parus : La désertion: Une cartographie littéraire et artistique. Italie, Grande Guerre (Mimésis 2025) de Luca Salza (Université de Lille), et Les désirs guerriers de la modernité (Seuil 2025) de Déborah V. Brosteaux (Université Libre de Bruxelles). Cette rencontre en deux temps, organisée dans le cadre du cycle de conférences du CREG sur les écritures en temps de guerre, se penchera sur les écritures de la guerre de 1914-1918 et sur leurs héritages au présent.
Déborah V. Brosteaux (postdoctorante en philosophie à l'Université Libre de Bruxelles), Les Désirs guerriers de la modernité, Paris, Editions du Seuil, 2025.
Face aux guerres dans lesquelles les pays d’Europe sont impliqués, nous oscillons en permanence entre anesthésie et frénésie. Certaines situations guerrières donnent lieu à un échauffement affectif, un « regain » d’énergies psychiques et sociales, tandis que d’autres sont à peine nommées, reléguées au loin. Cette enquête philosophique creuse l’ambivalence de nos rapports à la guerre, inscrite au cœur de l’histoire sensible de la modernité.
Se basant sur les écrits de Walter Benjamin, de W. G. Sebald ou encore de Klaus Theweleit, l’ouvrage explore ces affects guerriers à travers le xxe siècle, et interroge leur héritage : la froideur de la mise à distance, le déni des ruines après 1945, le désir d’intensification de l’expérience de soi, qui mobilise les imaginaires en 1914-1918 et s’engloutit dans les tranchées… voire mute en passions fascistes qui se nourrissent activement de la dévastation.
Le livre prend au sérieux ces désirs, y compris dans leurs attraits. Et demande : quelles transformations affectives activer pour résister aux mobilisations guerrières ?
Luca Salza (Maître de conférence à l'Université de Lille-3) : La désertion. Une cartographie littéraire et artistique. Italie, Grande Guerre, Sesto S. Giovanni, Éditions Mimésis, 2025.
La Grande Guerre nous lègue l’image d’une catastrophe écologique, humaine et historique, et pourtant… Malgré la formidable brutalisation des conditions du conflit et l’industrialisation des massacres, des mouvements d’abandon de la guerre se sont produits. Voilà la désertion. « Désertion », du latin « desertare », dérivé de « desertus », participe passé de « deserere », « abandonner ». Dans la mobilisation totale il n’y a pas de dehors, mais un faux mouvement, une bouffée d’irrégularité, une insoumission, une rêverie ou une révolution poussent vers les odeurs et les paysages d’un désert : un espace autre, pur, sans les cendres des obus. Ce livre arpente un territoire, l’Italie, dessine des cartes de ses lieux en révolte contre la guerre afin de laisser revoir cet espace. La cartographie reconstruit des lieux et des images du passé afin de percer la continuité de l’histoire, faite toujours de guerres et de domination. Cette histoire doit être désertée.
Mardi 7 avril 2026, de 18h à 20h
Salle Janne
Bâtiment S - Niveau 15 - S.S.15.331
ULB - Solbosch
Entrée libre
Contact : creg@ulb.be