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Cours-conférence « L’espace public villageois chez les Tai du Laos »

par Pierre Petit, ULB, EASt

Dans le cadre du cours, ANTHROPOLOGIE DES SOCIETES D’ASIE ORIENTALE (SOCAD491)

La notion d’espace public est généralement associée à la ville et à des contextes de « modernité ». En tentant d’appliquer ce concept dans un milieu villageois des hautes terres du Laos, l’exposé opérera un décentrement par rapport à cet « urbanocentrisme » ambiant. Qu’est-ce qui fait d’un espace un village ? Que peut-être un espace public au village ? Quel effet de connaissance produit le concept d’espace public appliqué au milieu rural ?
Les places et ruelles des villages laotiens sont au quotidien des lieux de déambulation, de discussion, de socialisation et de loisir. Ces pratiques diffèrent cependant de celles ayant cours en ville du fait de l’interconnaissance qui unit tous les villageois, laquelle contraste avec l’anonymat (relatif) des citadins. Lors des événements communautaires, allant des célébrations politiques aux fêtes religieuses en passant par le Nouvel An traditionnel, ces espaces de déambulation sont investis par des dispositifs (matériels et sonores) et par des usages qui les métamorphosent. En ces circonstances, les villageois investissent des espaces habituellement peu fréquentés : le hall communal, l’autel villageois des ancêtres et le poteau rituel du village, qui deviennent des lieux publics le temps de l’événement. Les manifestations collectives qui se déroulent dans ces espaces posent la question de ce qui fait l’identité villageoise, ou plutôt de comment elle se construit par des performances spatialisées et publiques.

Biographie
Anthropologue et historien de l’art, Pierre Petit a commencé sa carrière de chercheur au Congo, où il a travaillé en milieu rural (parmi les Luba du Katanga) et en milieu urbain (à Lubumbashi). Depuis 2003, il a entamé des recherches ethnographiques au Laos, où il travaille à présent sur la problématique des mobilités des populations des hautes terres, engagées depuis quelques années dans un exode rural vers les agglomérations de plaine et plus particulièrement vers la capitale, Vientiane. Plus largement, il s’intéresse aux rapports entre l’Etat et les minorités ethniques, ainsi qu’aux formes locales d’entrée en modernité des populations des hautes terres.

Mardi 20 février 2018 de 14h à 16h

Auditoire AY.2.112
Bâtiment A – Porte Y – 2e niveau – Local AY.2.112
Avenue F. Roosevelt 50
1050 Bruxelles

Entrée libre et gratuite, sans inscription

Titulaire du cours : Vanessa Frangville