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Les Midis de STRIGES « L’excellence a-t-elle un genre ? »

par Caroline Closon et Valérie De Cock

La notion de management au mérite ou d’excellence sous-entend que les travailleurs vont pouvoir évoluer, concourir sans craindre les critères classiquement répertoriés comme source de discrimination, le résultat serait la conséquence directe de leurs différences de performance(Gonthier, 2007). Les différences de traitement qu’on observerait au travail ne seraient donc plus fonction des inégalités «naturelles», des stéréotypes qui pénalisent beaucoup de travailleurs, dont le groupe des femmes. «L’excellence» a la prétention de proposer un ensemble d’indicateurs, de critères qui offrent à tout un chacun de la transparence sur les procédures de sélection, recrutement, évaluation et promotion au travail.
Pourtant, on constate un phénomène d’évaporation des femmes à chaque étape de la carrière, les femmes seraient-elles alors moins excellentes au travail que les hommes? Face à cette interrogation, le projet ambitionne d’évaluer dans quelle mesure le discours de l’excellence déforce ou renforce les mécanismes du plafond de verre ou de renoncement de la carrière pour les femmes ? Nous souhaitons pousser le débat plus en avant et formuler l’hypothèse que la raison de la disparité homme/femme se trouve plus du côté du système de l’évaluation que du côté des femmes.
Cette recherche-action qui vise d’une part à identifier la perception des femmes sur les exigences du discours de l’excellence et l’impact de celles ci sur la carrière et la conciliation vie travail –vie privée et d’autre part proposer des actions concrètes qui répondent aux besoins des femmes. Pour plus de cohérence, l’échantillon se veut restrictif quant au milieu de travail.Cette étude propose donc comme échantillon des femmes inscrites dans une carrière scientifique ou académique dans une Université ou dans une Haute Ecole de la Communauté française. Ce choix d’échantillon se justifie à plusieurs niveaux. Premièrement, le discours et les critères d’excellence sont très explicites. Deuxièmement, il présente une cohorte importante et assez homogène quant aux conditions de travail. De plus, il y a une grande transparence sur les étapes de la carrière et sur les résultats aux différentes étapes; les données chiffrées sont disponibles pour les établissements de la Fédération Wallonie-Bruxelles, en Belgique et en Europe.
Les réflexions et conclusions porteront sur les moyens, procédures d’évaluation et de promotion afin d’élargir le débat de l’égalité homme/femme au travail à celui de l’équilibre hommes/femmes dans les promotions.

Biographies :

Caroline Closon est professeure au Centre de Psychologie du Travail et de la Consommation. Ses enseignements s’axent sur les questions d’orientations scolaires, de gestion des parcours et transitions professionnels et de la psychologie du personnel. Ses recherches actuelles s’articulent autour de la question des discriminations au travail dues à l’orientation sexuelle, au genre et à l’identité de genre.

Valerie De Cock est chercheuse au Centre de Psychologie du Travail et de la Consommation à l’Université libre de Bruxelles (ULB). Après avoir terminé son bachelier en Psychologie à la Katholieke Universiteit Leuven (KUL), elle a réalisé son master en Psychologie de Travail à l’ULB lors duquel elle a développé un intérêt particulier pour la question de l’égalité de genre. Son mémoire, intitulé « L’impact (de la perception) des programmes de diversité de genre sur les employés de sexe féminin », analyse l’influence des programmes de diversité de genre sur le sentiment de discrimination et le bien-être au travail des femmes. Ses intérêts recherches portent sur la diversité de genre dans le monde professionnel et l’identification des moyens afin de stimuler cette diversité.

Mardi 25 avril de 12h15 à 14h

Maison des Sciences Humaines – R52
Salle des Commissions (4e étage)
Avenue Antoine Depage 1 – 1050 Bruxelles