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Les Midis de STRIGES « La ‘chasse aux sorcières’ au cinéma : discours féministes et antiféministes »

 

par François Dubuisson, ULB

La répression de la sorcellerie, qui s’est déployée principalement en Europe entre le 16e et le 18e s., a visé très majoritairement les femmes, avec une proportion d’environ 70 %, pour 30 % d’hommes. Dans le discours démonologique, la femme était perçue comme étant prédisposée à céder à la tentation du Diable, en raison de la faiblesse supposée de sa chair et de sa volonté. Est ainsi né l’archétype de la sorcière : une femme, plus âgée, marginale, maîtrisant la science des plantes, à la sexualité débridée. Divers courants féministes se sont penchés sur ce phénomène historique pour, d’une part, dénoncer la répression de la sorcellerie comme un cas emblématique de domination patriarcale et, d’autre part, se réapproprier la figure de la sorcière de manière positive, à des fins de revendication symbolique et d’« empowerment ». Par ailleurs, on constate la persistance de l’utilisation du symbole de la sorcière de manière stigmatisante, dans une perspective antiféministe. La présentation visera à analyser la manière dont le cinéma a traduit ces différents discours à l’écran, à travers les nombreux films, de genres très divers, qui représentent la « chasse aux sorcières », que ce soit dans un contexte historique ou dans un cadre plus contemporain.

François Dubuisson est professeur de droit international à l’ULB. Depuis quelques années, il participe au sein du Centre de droit international à une recherche collective sur les représentations du droit dans la pop culture, dont le cinéma. Dans le cadre du colloque « Le juge au cinéma », il a procédé à l’analyse des différents discours portés par les films relatifs à la répression judiciaire des sorcières.

Lundi 10 décembre de 12h15 à 14h

Salle de réception (3e étage)
Maison des Sciences Humaines – Bâtiment R
Avenue Antoine Depage 1
1050 Bruxelles