striges FR

Conférence « Université libre de harcèlement ? »

En co-organisation avec la politique de genre à l’ULB, STRIGES organise une conférence suivi d’une table-ronde dans le cadre des cycles de conférences « Femmes et Universités »

Les violences sexistes et le harcèlement sexuel sont dénoncés depuis des décennies. Lentement, une législation a vu le jour grâce notamment aux mobilisations féministes. Mais malgré ces luttes, la question des violences sexistes et du harcèlement reste largement taboue dans l’enseignement universitaire et supérieur. Si aujourd’hui une femme sur cinq se dit victime de harcèlement sexuel, pourquoi un tel silence dans le monde universitaire ? Serait-on à l’abri du monde ? Mieux, la question ne se poserait même pas. Rien ou moins que rien. Une absence étonnante et un silence pesant. Mais ne nous leurrons pas ; L’université n’est pas épargnée. Les relations de dépendance et de hiérarchie qui s’y imbriquent constituent au contraire un terreau favorable au harcèlement.
Depuis le début des années 2000, aux Etats-Unis, au Canada ou en France, des initiatives individuelles puis collectives tentent de briser ce qui semble bien être un des derniers tabous des universités. L’invisibilisé se découvre. Les langues se délient. Le phénomène est connu mais tu et surtout impuni. En France, en 2001, un groupe de réflexion voit le jour dont le but est d’informer et de prévenir le harcèlement… il deviendra bientôt le Collectif de lutte antisexiste contre le harcèlement sexuel dans l’enseignement supérieur (CLASCHES). Le mouvement prend alors forme. Journées d’études, colloques, numéros de revues, recherches académiques, articles dans la presse…. Une circulaire ministérielle indique bientôt aux directions des universités leurs obligations de prévention du harcèlement sexuel dans leurs établissements.
En 2008, l’Université de Lille III crée en son sein une cellule de veille, d’écoute et d’information sur le harcèlement sexuel. Elle sera bientôt suivie par d’autres institutions prestigieuses. Il y a un an, l’Université Sorbonne Paris Cité a lancé une campagne de lutte contre le harcèlement sexuel sur tous ses sites. Une cellule Respect a vu le jour à l’Université de Genève. Nier et taire le problème serait une bombe à retardement, estiment des chercheuses québécoises. C’est pourquoi il est temps et nécessaire que les universités de la Fédération Wallonie-Bruxelles se penchent sur la question.

Ce vendredi 10 mars, l’Université libre de Bruxelles essaiera de briser le tabou et de débattre de ce phénomène trop longtemps occulté. Il s’agira d’abord de comprendre, d’identifier et de repérer le phénomène et dans un deuxième temps de penser aux réactions et aux moyens d’agir. Sylvie Cromer (Univ. Lille 2 Droit et Santé –  INED), co-auteure du Vade Mecum « Le harcèlement sexuel dans l’enseignement supérieur et la recherche » viendra nous faire part de son expertise et identifiera le problème. Puis une table-ronde regroupera des membres de CLASCHES, Marylène Lieber de l’Université de Genève, des étudiant.e.s ou encore des experts des pouvoirs publics ainsi que le conseiller en prévention de l’ULB, Philippe Dejonghe.

Programme : 

  • 9h Accueil
  • 9h15 Discours d’ouverture
  • 10h « Le harcèlement sexuel dans les universités. Cartographier et identifier »
    Conférence de Sylvie Cromer (Univ. Lille 2 Droit et Santé –  INED)
  • 11h Pause
  • 11h30 « Le harcèlement sexuel dans les universités. Réagir et combattre »
    Table ronde avec Marie-Laure (CLASCHES*), Philippe Dejonghe (conseiller en prévention, ULB), Marylène Lieber (Univ. Genève, Professeure invitée de la MSH), Alexandra Adriaenssens (FWB), Brigitte Mantilleri (Directrice du service Egalité à l’Unige, Univ. Genève)
  • 13h Drink

Vendredi 10 mars 2017 de 9h à 13h

Salle NB2 VIS
Bâtiment NB
Campus du Solbosch
Université libre de Bruxelles
Avenue F. Roosevelt 50
1050 Bruxelles

Inscription gratuite : genre@ulb.ac.be