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Conférence « Les chengyu du chinois : grandeur et décadence des expressions idiomatiques dans la Chine du XXe et du XXIe siècle »

 par Kevin Henry, membre de EASt

Mots fleuris et habiles paroles

Amateurs de sentences lapidaires, de vers denses, de maximes concises et autres aphorismes sentencieux, les Chinois ont tôt compris le potentiel argumentatif des expressions idiomatiques et ont sublimé ces formules figées presque au rang d’art. Issus de la tradition poétique la plus ancienne (Shijing), et donc primitivement — du moins, peut-on le supposer — de la culture populaire rurale, les chengyu, expressions prototypiquement quadrisyllabiques, ont été au fil du temps pleinement intégrés dans la langue littéraire la plus élevée et ont fleuri sous la plume des littérateurs et hauts dignitaires de l’Empire. Partie intégrante de la rhétorique mandarinale et de l’esthétique des romans classiques, les chengyu ont toutefois vu leur destin basculer à l’aube du XXe siècle, alors que la République mettait à bas la dynastie Qing.
Dans cette conférence, nous tenterons de montrer combien le destin tourmenté de ces expressions idiomatiques à travers l’histoire moderne et contemporaine explique le statut quelque peu ambigu dont elles jouissent dans l’usage actuel de la langue chinoise. Honnis par les intellectuels artisans du mouvement de la Nouvelle Culture, puis récupérés par la propagande communiste avant d’être rejetés dans l’immédiate période post-maoïste, les chengyu semblent avoir louvoyé à travers le XXe siècle pour finalement revenir en force dans la littérature contemporaine. C’est avec une analyse au carrefour des lettres et de l’anthropologie, avec l’éclairage de la théorie bourdieusienne, que nous tenterons d’expliquer le secret de la résistance de ces « phénix » de la langue chinoise. 

Kevin Henry, double grade de docteur en Langue, Lettres et Traductologie à l’ULB et de docteur en Langue et Littérature françaises à l’Université des études internationales de Shanghai ; auteur de la traduction française de l’ouvrage en chinois « Le modèle Alibaba », de Ying Lowrey; en train de préparer la traduction d’une biographie du sociologue Fei Xiaotong.

Samedi 4 février à 10h30

Salle de conférence
Institut belge des hautes études chinoises
Musées royaux d’Art et d’Histoire
Parc du Cinquantenaire 10
1000 Bruxelles

Entrée libre et gratuite

Sur inscription inst.chin@kmkg-mrah.be