Atelier Genre(s) et Sexualité(s) « Des injustices structurelles à la reconnaissance de la diversité. Regard critique sur l’évolution des politiques publiques contre l’homophobie et la transphobie au Québec »

 

par Line Chamberland, Université du Québec à Montréal, Professeure invitée MSH

Les alliances au sein du mouvement LGBTQ au Québec se sont construites en deux temps historiques : autour des revendications concernant la reconnaissance des couples et des familles avec des parents de même sexe (1990-2005), puis celles touchant l’accès à la citoyenneté des personnes trans et l’ajout de l’identité de genre comme motif prohibé de discrimination (2005-2015). Le langage matriciel des droits a servi de cadre de référence pour la négociation avec l’État de changements législatifs garantissant l’égalité juridique formelle et d’une politique publique contre l’homophobie et la transphobie, devant assurer une égalité de fait. Entre le premier et le second plans d’action concrétisant cette politique, adoptés respectivement en 2011 et 2017, la trame idéologique qui légitime les changements préconisés délaisse la prise en compte des barrières structurelles à l’égalité au profit de la notion de diversité. Ce nouveau creuset idéologique – qui fait écho au mantra de la diversité repris par plusieurs entreprises multinationales – dissout le social au profit des identifications subjectives et des droits octroyés aux individus, dans le cadre d’une gouvernance axée sur la diversité, une richesse à comprendre, à reconnaître, à intégrer et… à gérer.

Biographie :
Sociologue de formation, Line Chamberland est professeure au département de sexologie de l’Université du Québec à Montréal. Elle a réalisé plusieurs études sur les différentes formes d’exclusion sociale des personnes marginalisées en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre, dans des contextes institutionnels tels que le milieu de travail, le milieu scolaire et les services sociaux et de santé. Son implication dans divers groupes associatifs et communautaires lui a permis de tisser des partenariats fructueux avec de nombreux acteurs sociaux. Depuis 2011, elle est titulaire de la Chaire de recherche sur l’homophobie (UQAM), dont le rôle est d’accroître et mobiliser les connaissances sur les minorités sexuelles et de genre, en collaboration avec des partenaires institutionnels, associatifs et syndicaux, notamment le Bureau de lutte contre l’homophobie (ministère de la Justice), le Conseil québécois LGBT et la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse. Elle a reçu le prix Pierre Dansereau 2014 soulignant l’engagement social d’un chercheur.

Mercredi 29 novembre de 17 à 19h

Salle Henri Janne (15e étage)
Institut de Sociologie
Avenue Jeanne 44 – 1050 Bruxelles