striges FR

Atelier Genre(s) & Sexualité(s) « La fin de la femme rouge ? Fabriques transnationales du genre après la chute du Mur »

par Ioana Cîrstocea, CNRS & Professeure invitée MSH

Pour élucider les mécanismes sociaux circonscrits à l’émergence et au déploiement des normes technocratiques, discours experts, répertoires militants et savoirs académiques centrés sur les droits des femmes et l’égalité des sexes en contexte postsocialiste, Ioana Cîrstocea a adopté dans son dernier ouvrage une démarche de sociologie critique. Ses enquêtes ont porté, d’une part, sur les trajectoires et profils des « pionnières » féministes de la décennie 1990 et, d’autre part, sur les lieux de leur socialisation académique et militante aux référentiels internationalisés dits du « féminisme global ». Un dispositif d’observation multi-échelles et transnational a rassemblé quelques institutions précédemment quasi-ignorées par la recherche en sciences sociales, à savoir : un réseau militant transatlantique, une fondation philanthropique étasunienne, plusieurs centres d’études de genre établis dans les anciens pays socialistes. Le livre éclaire de manière inédite les modes d’intégration des acquis féministes dans le gouvernement et il donne à voir la place du genre dans la libéralisation de l’ancien « bloc de l’Est » après la Guerre froide.

Ioana Cîrstocea est sociologue, chercheuse au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et membre du Centre européen de sociologie et science politique (CESSP, Paris). Elle a enseigné à l’IEP de Strasbourg, à l’Université de Bucarest et à l’EHESS, où elle organise actuellement deux séminaires et encadre des recherches étudiantes en tant que membre du comité pédagogique du master « Etudes de genre » et de l’Ecole Doctorale n° 126 (sociologie). Elle a conduit des recherches sur la transnationalisation des répertoires féministes et sur les circulations internationales du genre en tant que savoir académique et militant ; sur la libéralisation des espaces académiques est-européens ; sur la production sociale de catégories savantes et des identités en contexte (post)socialiste. Ses publications les plus récentes sont LA FIN DE LA FEMME ROUGE ? Fabriques transnationales du genre après la chute du Mur, Presses Universitaires de Rennes, 2019  et La globalisation du genre : mobilisations, cadres d’action, savoirs (avec D. Lacombe, E. Marteu (éds.), Presses Universitaires de Rennes, 2018 (version anglaise : Routledge, 2019)).

Mardi 4 février 2020 de 17h à 19h

Salle Henri Janne
Bâtiment S – 15ème étage
Avenue Jeanne 44
1050 Bruxelles

Entrée libre