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SMAC « Les célébrations du deuil du mois de Moharram et ses origines pré-islamiques, les pratiques rituelles de l’Âshourâ, et le paradigme de la bataille de Karbalâ en Iran »

par Nelly Kechavarz, OMAM/MSH-ULB & ArBA – ESA

La conférence est organisée dans le cadre du « Séminaire Monde Arabe Contemporain (SMAC) 2019-2020« 

Les événements historico-religieux incitent les peuples du monde à inventer des rituels et des célébrations qui leur sont propres. C’est le cas de la nation iranienne qui, dans des occasions spécifiques, a créé des rites et des cérémonies pour célébrer des événements qui ont marqué l’ensemble de sa population à travers les siècles. L’un de ces événements historiques, ressenti comme l’une des phases les plus marquantes dans l’histoire des Iraniens, est l’invasion et la conquête de la Perse par les Arabes. Après l’islamisation du pays, un autre événement dramatique – le martyre du troisième imam chiite « Hossein » durant la bataille de Karbalâ – secoua tout le pays. Les conséquences de ce martyre sont d’ailleurs encore visibles dans le quotidien de tous les Iraniens au XXIe siècle. Le martyre de cet imam est célébré en Iran depuis plusieurs siècles pendant les dix premiers jours du mois de Moharram. À cette occasion, la population iranienne présente un florilège de cérémonies et de rituels autour de la commémoration du massacre de Karbalâ et de ce deuil particulier. Notons cependant qu’avant l’islamisation du pays, les Iraniens avaient déjà adopté de nombreux rites issus de la religion zoroastrienne mais aussi issus d’autres échanges culturels et philosophiques avec les civilisations antiques, et que ceux-ci eurent également un impact non négligeable sur ces cérémonies. Lors de cet exposé, nous rappellerons d’abord brièvement les faits historiques et religieux en lien avec ces cérémonies de deuils avant et après l’islamisation du pays ; nous nous attacherons par la suite aux différents rituels adoptés par le peuple pour célébrer les commémorations du martyre de l’imam Hossein et, pour finir, nous aborderons de manière très succincte l’influence de ces rituels sur le théâtre contemporain en Iran. La présentation de ce travail se divisera en deux temps : tout d’abord la projection d’un petit documentaire réalisé en Iran en compagnie de deux spécialistes iraniens du Ta’zieh, un théâtre épique-religieux impressionnant accompagné par des lamentations chantées et des processions uniques en leur genre qui se joue durant les cérémonies du mois de Moharram ; puis, dans un second temps, nous présenterons différents rituels pratiqués durant ces dix jours de deuil en Iran.

Laleh Taghian-Sattari est journaliste, critique d’art, rédactrice en chef (Faslnameyé Théâtre & Namayesh) et chercheuse dans les domaines du théâtre et du Ta’zieh en Iran. À l’origine de la reconnaissance du Ta’zieh en tant que patrimoine culturel immatériel par l’UNESCO, Laleh Taghian-Sattari est par ailleurs l’auteure de plusieurs ouvrages sur le théâtre iranien.

Davoud Fath-Ali Beïgui est dramaturge et metteur en scène spécialiste du théâtre folklorique et traditionnel iranien. Travaillant sur le Ta’zieh depuis de nombreuses années en tant que chercheur et ayant publié de nombreux livres à ce sujet, Davoud Fath-Ali Beïgui est également l’auteur de plusieurs ouvrages sur le théâtre iranie

Biographie :
Nelly Kechavarz étudie le Ta’zieh, un genre théâtral épique-religieux iranien qui est la seule forme théâtrale-religieuse du monde musulman. Sa recherche doctorale en « Art et sciences de l’art » porte sur l’aspect ethnologique et anthropologique du Ta’zieh en Iran et son influence sur l’art contemporain de ce pays. Cette recherche est co-réalisée avec l’ULB et l’Académie royale des beaux-arts de Bruxelles.

Mercredi 18 mars 2020 de 12h à 14h30

Salle de Réception
Bâtiment R – 3e niveau – Local R.3.105
Avenue Antoine Depage 1
1050 Bruxelles

Inscriptions : omam@ulb.ac.be
Contact : Jihane Sfeir jsfeir@ulb.ac.be

La langue du séminaire est le français, ce qui n’exclut pas l’usage de l’anglais dans le cadre d’interventions/présentations ponctuelles.